Maisons et Chateaux hantés
"En 1991, une dame m'appelle et rapporte vivre depuis son enfance de curieuses expériences qui ne l'ont jamais inquiété auparavant, cependant maintenant, les événements qui se produisent dans sa maison semblent provenir d'une source extérieure et l'angoissent. Il semble donc que j'aie affaire à un bon vieux cas de hantise et je me rends sur place. Je me retrouve dans une petite maison agréable située en banlieue nord de la ville de Québec (Canada). La résidence est belle, bien entretenue et sans refléter la "richesse" démontre un bon revenu familial. Je rencontre donc Syhlvia Painchaud, une femme de 32 ans, fort sympathique. Sylvia est une belle femme, de taille moyenne, aux cheveux foncés, courts et quelque peu grassette. Elle me donne immédiatement l'impression d'être une femme empathique, qui porte attention aux autres. J'apprends qu'ele est mariée, que l'entente est parfaite avec son époux, Claude, et que le couple a deux garçons , l'un âgé de 14 ans ( Maxime) et l'autre âgé de dix ans ( Sébastien).

Sylvia me raconte d'abord les expériences qu'elle vit depuis sa plus tendre enfance. Loin de se prétendre médium, elle me raconte qu'elle a tout de même vécu des phénomènes de voyance et de prémonition. Il arrive qu'elle voit des boules de lumière autour d'elle et des gens qui l'accompagne. Elle verrait également l'aura à l'occasion. Suite à un accident grave survenu jadis, elle avait perdu ces facultés mais celles-ci sont revenues petit à petit. Depuis son tout jeune âge, elle aurait fait à plusieurs reprises des voyages astraux. Tous ces phénomènes se produisent au cours de la journée et moins fréquemment la nuit. La jeune femme a toujours bien vécu ces événements paranormaux mais depuis quelques temps plusieurs événements inexpliqués sont survenus et lui font peur.
Tout a commencé en janvier 1988. Les événements qui surviennent alors sont assez physiques et ne relèvent sûrement pas de l'imagination des habitants. À un certain moment, la table à dessin située dans l'une des chambres frappe seule contre le mur. À un autre moment, dans la salle de bain, le blaireau dont se sert Claude, roule seul dans le lavabo. Quelques temps plus tard, alors que Sylvia passe l'aspirateur, elle laisse celui-ci dans l'entrée de la chambre de l'un des garçons pour ramasser quelques traineries avant d'utiliser l'appareil lorsque le bouton de celui-ci se relève seul et que l'appareil se met en marche. L'aspirateur présentera d'ailleurs ce curieux phénomène à quelques reprises.
C'est ensuite Sébastien, le plus jeune fils, qui racontera à Sylvia avoir vu une dame marcher au plafond. Sylvia est de plus en plus inquiète et commence à croire qu'une présence s'est installée dans sa demeure. Elle constate également que lorsqu'elle parle de tout cela à des amies ou à sa soeur cela semble "fâcher" le fantôme, du moins ressent-elle cette impression. Pendant le temps des fêtes, par un certain soir, le carillon de Noël s'est mis à jouer seul. De plus, suite à ces phénomènes plusieurs malheurs commencent à s'abattre sur les familles respectives des époux Painchaud. Le père de Claude et le père de Sylvia auraont tout deux à peu d'intervalles un grave accident. Une belle-soeur devra subir une grave opération. Il y aura par la suite deux décès inattendus dans la famile. Sylvia aura à son tour un accident de voiture où elle subira une fracture de la colonne cervicale.
Le chien de la famille regarde souvent un point fixe sur le mur, où pourtant il n'y a rien. Par la suite le témoin constate l'apparition de petites flaques d'eau dans la maison, elles apparaissent surtout lorsque quelque chose de bouleversant se produit. Alor que tous ces phénomènes se produisent, Sylvia vit plusieurs expériences ésotériques impliquant l'aura et des sorties astrales. Sébastien, à un moment, ressent un frisson inexpliqué, une impression de peur l'habite alors comme si quelque chose le traversait. Sa mère craint que les entités ne s'en prennent à lui. Sylvia Painchaud verra également des personnes décédées tel un collègue de travail qui s'est suicidé dernièrement. Des amis remarqueront que la jeune femme semble avoir des absences et ne les reconnaît pas à ces moments-là. Elle se met ensuite à trouver des objets à des endroits inattendus de la maison, par exemple son porte-monnaie est retouvé sous la table, ses lunettes également.
Les Painchaud feront appel à des médiums avec qui se tiendra une séance de contact qui ne mènera à rien concernant le déroulement des événements inexpliqués. Un peu plus tard Sylvia est seule à la maison, elle ressent une sourde angoisse et une peine profonde, elle capte alors la présence d'une femme seule, pauvre, âgée d'environ 80 ans. Le témoin perçoit le nom de Cécilia. Nous ne saurons jamais si cette dame a réellement existé, je n'ai jamais retrouvé trace de son existence lors de ma recherche historique. De plus en plus, Sylvia sent la présence d'une entité sur les lieux, mais ne ressent aucune crainte devant cette constatation. À un autre moment, le lit d'eau "cale" à un endroit précis comme si quelqu'un s'y installait.
Les magnétoscopes produiront un même son étrange. Il faut préciser que la famille en possède deux, l'un placé dans la chambre des parents et l'autre dans le salon. Sur deux cassettes, le son est au ralenti alors que l'image reste normale. Sur l'une d'elles, l'effet ne se produit qu'au début de l'enregistrement alors que sur l'autre, le phénomène est intermittent. Il est difficile de comprendre ce qui se dit, Sylvia a l'impression que l'on prononce son nom, ce qui n'est pas le cas, nous le saurons plus tard. Vous pouvez entendre ce curieux enregistrement sur mon site web: www.sciencesinterdites.com à la section Médias; enregistrement du cas Painchaud. Les investigations effectuées le concernant y sont également décrites. Jusqu'à présent personne n'a pu expliquer ce curieux phénomène.
Ce qui avait décidé Sylvia à faire appel à mes services est la crainte que tous ces événements ne perturbent ses fils. D'ailleurs sébastien présente des comportements inquiétants. Il semble dépressif et ses parent se résoudront à le conduire chez un psychologue ce qui se révélera positif. Les phénomènes semblent avoir diminuer par la suite sans pour autant que la présence, s'il y en a une ne soit partie, bien que les événements remarqués soient de moins en moins inquiétants. Ma recherche historique concernant la maison elle-même sera courte, il y a peu de choses à en savoir. La résidence a été construite il y a une vingtaine d'années et les Painchaud y résident depuis 8 ans lorsque les événements débutent. Ils en sont les quatrième résidents. Rien de tragique ne semble s'être produit sur ces lieux, le terrain est spongieux cependant et garde beaucoup d'eau, on ne sait si cela peut jouer un rôle dans cette histoire. Bref, rien de révélateur ne se démarque pour expliquer ce curieux cas de hantise.
Des médiums seront ensuite consultés sans que leurs informations ne mènent à quelque réponse que ce soit. Les événements semblent s'être calmés depuis ma venue et de plus en plus nous parlons plutôt des événements étranges qui maintenant surviennent chez la soeur de Sylvia. Je débuterai d'ailleurs par la suite une enquête chez cette dernière. Ce qui me semble avoir aidé la situation chez Sylvia est le fait qu'elle a cessé les cours d'ésotérisme qui semblait envenimer la situation. Il est possible également que le tout ait été un cas de poltergeist étant donné l'âge des enfants impliqués. Il pourrait également s'agir d'une perte de contrôle de la part de la principale témoin qui reflétait des capacités paranormales intéressantes. Cette enquête s'est donc terminée tout doucement et l'histoire complète de ce cas est rapportée dans mon ouvrage: Le phénomène des maisons hantées, éditions Quebecor, Québec, Canada. "
http://www.dark-stories.com/hantise_de_la_famille_painchaud.htm
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Le Manoir Ballechin
Le manoir de Ballechin fut construit en 1806, sur l'emplacement d'un vieux manoir qui était déjà détenu par la famille Stewart (Stuart) depuis plus de trois siècles. C'est d'ailleurs cette année là, dans cette nouvelle maison, qu'est né Robert Stewart, celui qui allait entrer dans la légende. Il parti pour les Indes en 1825, avec la Compagnie des Indes orientales et en revint 25 ans plus tard, en 1850, avec un grade de Major.
À son retour, il retourna à Ballechin, dont il avait hérité 16 ans auparavant. Comme la maison avait été louée à des locataires, il habita quelque temps dans un petit cabanon en attendant que leur bail expire.
La population locale le considérait comme excentrique, car bien que profondément religieux, il avait développé plusieurs croyances pendant les vingt-cinq années qu'il avait vécu en Inde. Il avait aussi un grand amour pour les chiens, il en possédait quatorze. Vers la fin de sa vie, il avait presque complètement raillé la compagnie des hommes, préférant ses animaux. Sa seule amie était sa femme de chambre, Sarah, qui décéda mystérieusement dans la chambre du maître, en 1873, à l'âge de 27 ans. Cette chambre allait d'ailleurs devenir la pièce la plus hantée de la maison.
Le Major Stewart croyait fermement en la transmigration des âmes et avait déjà déclaré vouloir revenir, après sa mort, dans la peau de son chien favori, un épagneul noir. Il mourut dans son manoir, en 1874 (1876 selon certaines sources), et fut enterré aux cotés de Sarah.
Nul ne sait vraiment si le major réussit à transmigrer son âme dans le corps de son épagneul, mais si ce fut le cas, il dû avoir une surprise car, lorsque son neveu, qui hérita du manoir de Ballechin, arriva dans sa nouvelle demeure, il fit abattre tous les chiens, en commençant par l'épagneul noir.
C'est peu de temps après que le premier phénomène paranormal se produisit. La femme de John Stewart, le neveu du major, était dans le bureau de son mari alors qu'elle sentit une très forte odeur de chien, la même qui régnait autrefois en ces lieux. Soudainement, elle fut heurtée par un animal invisible. Les évènements ne tardèrent pas à se multiplier; des bruits étranges, des coups, des grattements, des détonations, des voix se disputant, alors qu'il n'y avait personne.
Vers la fin de 1878-79, la situation était devenue tellement inquiétante que la gouvernante quitta le manoir. Un prêtre jésuite, le Père Hayden, avait souvent été hébergé à Ballechin et y entendu des sons et des cris à de nombreuses reprises. À une occasion, il a entendu le bruit de ce qui semblait être un chien frottant et grattant à sa porte, mais lorsqu'il ouvra la porte, il n'y avait rien. Plus tard, lorsqu'il rencontra l'ancienne gouvernante de la famille Stewart, complètement par hasard, lorsqu'elle lui révéla qu'il avait dormi dans les deux pièces les plus hantées du manoir.
Au cour du mois de Janvier 1895, John Stewart était en train de discuter avec un associé, dans l'ancien bureau du major, lorsque qu'ils furent interrompus par trois fortes voix, provenant de l'intérieur même de la pièce. Cela pouvait être un présage, car peu de temps après, John Stewart est mort dans les rues de Londres après avoir été renversé par un fiacre. En 1896, la maison fût louée à une famille pour une période d'un an. Le nouveau propriétaire de la maison était un capitaine de l'armée qui n'avait aucun intérêt pour la succession.
Cette famille devait quitter la maison après onze semaines, laissant derrière eux neuf mois payés d'avance, après avoir entendu de nombreux coups dans les murs et des querelles qui semblaient venir d'outre tombe. Certains d'entre eux prétendirent avoir vu un fantôme vêtu d'un habit de soie ainsi avoir été reniflés et poussés par des animaux invisibles. La literie avait quelques fois été enlevée des lits et des présences se faisait sentir dans leurs chambres.
Une des filles de la famille était terrifiée, une nuit, alors qu'elle entendait des bruits de pas boitant, allant et venant, tournant en rond alentour de son lit. Elle dormait dans cette chambre, où mourut la femme de chambre en 1873. Il est aussi intéressant de noter que le major Stewart est rentré des Indes avec une blessure permanente à une de ses jambes.
http://www.dark-stories.com/le_manoir_ballechin.htm
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Le palais de Hampton Court, ancienne résidence du roi Henri VIII d'Angleterre, a toujours eu la réputation d'être hanté.
En effet, c'est dans ce chateau que mourut la troisième femme d'Henri VIII Catherine Howard condamnée pour adultère. Sachant quel allait être son sort, elle implore la pitié de son époux tandis qu'elle priait dans la chapelle royale, en frappant desespérément à la porte, mais il ne l'écouta pas, et elle fut emmenée de force. Ses pathétiques appels au secours retentissent parfois dans la galerie proche de la chapelle. Depuis son fantôme hante Hampton Court. D'autre part, Henri VIII a été vu plusieurs fois à Hampton Court se trainant sur sur ses jambes ulcéreuses dnas les couloirs du chateau.
Il est évident que la photo d'une silhouette fantomatique, prise par une caméra de surveillance et publiée par les journaux britanniques en décembre 2004, a relancé le débat. Ce cliché plutôt trouble montre une silhouette vêtue d'un long manteau d'époque, en train de refermer la porte d'une issue de secours de ce palais du XVème siècle. A plusieurs reprises, les gardiens du palais avaient été intrigués par cette porte, surveillée par une caméra, et qui s'ouvrait parfois de façon inexpliquée.
En octobre dernier, ils ont eu la surprise de découvrir sur leur écran de contrôle cette image mystérieuse.
"J'ai eu un choc en voyant les images de la caméra de surveillance qui montraient une silhouette sinistre en manteau d'époque, a raconté l'un des gardiens du palais. Ca faisait vraiment froid dans le dos parce que le visage n'avait pas l'air humain".
"Ma première réaction a été de penser que quelqu'un faisait une farce alors j'ai demandé à mes collègues de jeter un oeil, a-t-il poursuivi. Nous avons discuté avec nos guides en costumes d'époque mais ils n'ont pas de costumes semblables à celui sur la photo. C'est très déconcertant".
Pour le professeur Richard Wiseman, de l'université du Hertforsdhire, cité par le Daily Telegraph, il s'agit "soit d'un coup de publicité du palais, ce dont je doute, soit d'un visiteur qui a voulu se rendre utile en refermant la porte".
Pour le quotidien populaire The Sun en revanche, il pourrait en fait s'agir ni plus ni moins que du fantôme de Henri VIII (1491-1547).
"La période autour de Halloween est la plus active pour les apparitions de ce genre", explique Terry O'Sullivan, "expert renommé en fantômes" --dixit le Sun-- au Collège britannique de parapsychologie.
"C'est la période de l'année où le voile entre notre monde et l'autre monde est le plus fin. Il me paraît tout à fait crédible que ce soit le fantôme de Henri VIII", assure M. O'Sullivan.
http://xx-fantome-xx.skyrock.com/
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La dame blanche de Puymartin - Vu 2762 fois.
Parmi ses joyaux historiques il en est un qui serait hanté depuis plus de deux cent ans.
D'une silhouette élégante, semblant sortir d'un conte de fée, entre Sarlat et les Eyzie la construction du château de Puymartin qui date du 13ème siècle, attire chaque année des milliers de visiteurs.
Pourtant, depuis le 16eme siècle une curieuse légende apparait sur ce lieu, sous les traits énigmatiques d'une dame blanche, évanescente et douce.
Selon la légende populaire, la tour nord du château abriterait un fantôme. L'histoire fait grand bruit dans la petite vie locale des alentours.
Cette intrigante dame blanche se nommerai Thérèse de Saint-Clar qui surprise en adultère par son mari, Jean de Saint-Clar, aurait été enfermée durant quinze années dans cette fameuse tour nord du château.
Thérèse de Saint-Clar décéda dans sa geôle, son mari dont la vengeance était sans fin, la fit enfouir dans la muraille de sa prison qui devint sa sépulture.
Le comte Xavier de Montbron, propriétaire du château explique que de nombreux visiteurs de son château ressentent des choses.
Il raconte qu'une fois un médium c'est même littéralement mise en trans durant une visite, en disant qu'elle voyait et ressentait Thérèse de Saint-Clar.
C'est durant la nuit que la dame blanche quitterait sa tour pour se montrer. Le comte Xavier de Montbron déclare que son père l'a vu de nombreuses fois.
Le comte décrit cette dame blanche comme inoffensive et muette, elle est une silhouette évanescente qui se promène sans que l'on puisse la détailler.
http://www.mystere-tv.com/la-dame-blanche-de-puymartin-v352.html
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Le fantome du chateau de Veauce
Qui se souvient de l'émission Mystères se rappelle certainement du reportage sur le Château de Veauce (1) ! Surplombant les plaines de l'Allier, en Auvergne, cette forteresse du 9ème siècle est devenue célèbre, dans les années 1980, grâce à son propriétaire d'alors, Ephraïm Tagori de la Tour, qui prétendait être visité chaque nuit par un fantôme prénommé Lucie.
Intrigués par cette rumeur, les médias se sont emparés de l'affaire, à commencer par France Inter. Dans la nuit du 4 août 1984, l'équipe du journaliste Jean-Yves Casgha, spécialiste des reportages sur l'étrange, assistés d'un médium et de sa petite-fille, auraient été témoins de l'apparition de la dame blanche dans les hauteurs du château. Ils auraient même gardé des traces tangibles de leur rencontre avec Lucie : "Dans cette tour fut, pour la première fois au monde, photographié et enregistré un fantôme" .
Décriées par des zététiciens , ces "preuves" ont alors contribué à médiatiser le château et son excentrique propriétaire. Invité des plateaux de télévision, il s'est amusé à raconter son histoire, multipliant les anecdotes, avec émotion, jusqu'à sa mort.
Que reste-t-il de cette expérience ?
La légende du fantôme est-elle toujours d'actualité au château de Veauce ?
Mardi 30 mai 2006. Nous avons rendez-vous à 15h avec le guide du château. C'est jour de fermeture au public (4). Bloqués devant les grilles cadenassées de l'entrée des visiteurs, nous passons un coup de fil pour avertir de notre présence. Aucune réponse. Je tombe systématiquement sur le répondeur. Y aurait-il eu un quiproquo sur la date du rendez-vous ? Alors que je cherche à pénétrer dans l'enceinte du parc par un autre chemin, une habitante de Veauce m'interpelle et m'indique une entrée conduisant directement à la cour d'honneur du château. Une fois à l'intérieur, toujours aucun signe de vie
Je commence à m'inquiéter, frappe aux portes et aux fenêtres, sonne la cloche et appelle, en vain, les habitants du château de Veauce. Une voiture, portière ouverte, est garée devant la porte d'entrée. Deux paons montent la garde. Séduit par le charme de cette vieille demeure, je constate que l'âme des pierres n'a pas pris une ride, même si l'une des tours s'est écroulée et que plusieurs bâtiments, en mauvais état, ont l'air condamnés. Alors que nous allions rebrousser chemin, bredouilles de toute histoire de fantôme, une femme se manifeste à une fenêtre. Elle est anglaise. S'excusant de s'être assoupie, Elisabeth Mincer, nouvelle propriétaire du château de Veauce, nous rejoint. Son adjoint Kevin, l'esprit encore embrumé, lui emboite le pas. Fatigués par l'organisation d'une semaine d'événements artistiques (5) qui s'est achevée la veille, tard dans la nuit, ils avaient complètement oublié notre visite...
Après les présentations d'usage, Kevin Costello, victime collatérale d'un "excès de table", nous remet un document et nous invite à déambuler à notre guise dans les couloirs du château. Il ne semble pas en état de pérorer sur douze siècles d'histoire. Nous voilà donc livrés à nous-mêmes et aux caprices des mystères de Veauce...
Douze siècles nous contemplent...
Construit vraisemblablement en 808 par Charlemagne (6) pour son fils, Louis Le Débonnaire, le vaste château, aujourd'hui classé Monument Historique, fut complété au fil des siècles par de nombreux éléments architecturaux jusqu'à devenir baronnie en 1400, comme l'atteste des armoiries surmontant une grille de style gothique flamboyant. L'édifice est flanqué de cinq tours : la tour carrée, la plus ancienne, le donjon avec sa tour de guet, la tour crénelée où se situaient les prisons, la tour de l'horloge dont le mécanisme – encore en activité ! – date de 1795 et la tour hexagonale.
A l'origine propriété d'un sire de Veauce, qui possédait le droit de justice sur les terres avoisinantes, la seigneurie de Veauce fut érigée en baronnie, au début du 15ème siècle, par le Roi Louis II de Bourbon en faveur du chevalier Robert Dauphin, seigneur de Royne et de Veauce. près la mort de Charles de Bourbon, Connétable de France, le château de Veauce releva directement de la Couronne. Dès lors, plusieurs familles illustres s'y sont succédées. En très mauvais état au milieu du 19ème siècle, Charles Eugène de Cadier, Baron de Veauce, a conduit, entre 1841 et 1846, les importants travaux de rénovation qui lui donnèrent son aspect actuel. En 1973, le Baron Eugène de Cadier céda le château à Monsieur Ephraïm Tagori de la Tour, premier porte-parole de la hantise.
Lucie
Dans les couloirs silencieux du château, on peut admirer plusieurs représentations du fantôme de Lucie, la Dame Blanche de Veauce. Dans la galerie des peintres, au 1er étage, la grande toile de Marcel Hasquin, titrée "Les mystères du château de Veauce", immortalise la légende de Lucie dans un mouvement tourbillonnant. A l'entrée de la galerie des vitraux, une peinture sur soie de Daniel de Chaumant met en scène le fantôme s'évadant de sa prison.
Enfin, je reste pensif devant cet autre tableau de Marcel Hasquin, accroché au bout du couloir, avant le petit escalier qui mène aux parties les plus anciennes de la forteresse. On peut y voir une femme ligotée qui, aidée d'une chouette, se libère de ses liens. J'imagine qu'il s'agit à nouveau de Lucie en compagnie de ce mystérieux oiseau de nuit, symbole de sagesse et guide vers... l'au-delà ! On raconte qu'une chouette aurait passé sa vie à tourner autour de la tour de l'horloge avant d'y être retrouvée morte. Sa mystérieuse activité aurait-elle trouvé un lien avec Lucie, sous la plume du peintre ?
D'après les témoignages de M. Tagori de la Tour, le fantôme de Lucie hanterait le chemin de ronde et la salle des pendus depuis le 16ème siècle.
ers 1560, la belle et jeune domestique au château, Lucie, fut courtisée par le Baron de l'époque, Guy de Daillon, bien que marié. Alors qu'il était parti guerroyer, la Baronne, jalouse, en profita pour jeter Lucie dans la prison de la tour dite "mal coiffée", où elle mourut de faim, de froid et de peur. Depuis, elle revient certaines nuits honorer la mémoire de son funeste sort.
Depuis 2002, date à laquelle elle a acquis le château, Elisabeth Mincer n'a jamais croisé le fantôme de Lucie. Mais elle avoue que certains hôtes qui ont séjourné à Veauce l'ont l'aperçu pendant la nuit, dans leur chambre. Témoignage digne de foi ou bluff marketing ? En tous cas, l'affaire du fantôme de Veauce n'a pas manqué d'intéresser le zététicien Erick Maillot, il y a une dizaine d'années.
La nuit des tous les mystères
Sceptique confirmé, Erick Maillot s'est évertué à décrédibiliser les "preuves" des journalistes de France Inter, en montrant qu'il était possible de les attribuer à des phénomènes bien réels. Est-il parvenu à tuer la légende ? Revenons sur les circonstances de l'enquête.
Août 1984, Jean-Yves Casgha, journaliste qui "a du mal à croire aux fantômes", organise une veillée nocturne pour obtenir des traces de l'existence du fantôme. Avec l'accord de M. Tagori de la Tour, il fait installer des micros dans le chemin de ronde et dans la salle des pendus, où doit, selon les dires du propriétaire, se manifester Lucie. En compagnie de ses collaborateurs, du parapsychologue Raymond Réant (7) et de sa petite-fille Aurore, Jean-Yves Casgha attend le mystérieux phénomène. A minuit, Aurore aperçoit une lueur fantomatique près d'une fenêtre. Alors qu'elle se précise, la fillette tente d'entrer en communication avec la silhouette lumineuse. Le médium prend des photos. La lueur sort de la salle et emprunte le chemin de ronde. C'est alors que le technicien radio, en régie dans une autre salle, perçoit un bruit strident qui le pousse à enlever son casque et rejoindre précipitamment le groupe.
Casgha est convaincu que le sifflement enregistré a été provoqué par le passage de Lucie. En outre, l'une des photos du médium a révélé une forme lumineuse, ovoïde et floue. Une authentique manifestation spectrale a-t-elle été photographiée et enregistrée cette nuit-là ? Le zététicien en doute.
D'après lui, l'anomalie sonore pourrait s'expliquer par la condensation, fréquente les nuits d'été, dans les vieux châteaux, et suffisante pour "provoquer la fuite du courant à fort voltage d'un condensateur de microphone". Il regrette aussi que le matériel photographique utilisé, notamment la pellicule du médium, n'ait pas été analysé pour garantir l'authenticité de la "photo de Lucie".
Erick Maillot se lance alors dans une démarche zététique, souvent controversée, qui consiste à singer des phénomènes mystérieux par des reconstitutions scientifiques pour prouver que l'inexplicable peut toujours s'expliquer. Les zététiciens pensent en effet que si un phénomène paranormal peut être reproduit artificiellement, il cesse automatiquement d'être paranormal. Curieuse méthode car même si on peut imiter à la perfection les signes d'un mystère, cela n'empêche pas qu'il puisse avoir une cause inconnue ! Il recrée alors les caractéristiques d'une photo de fantôme et attribue celle du médium à un effet de la Lune. Selon lui, tout est affaire de lumière jusqu'au nom lui-même du fantôme, Lucie (du latin lux, lumière) !
La mort du fantôme ?
Dans une émission de Tina Kieffer consacrée aux fantômes, Paul-Eric Blanrue, un autre zététicien, s'est amusé à abuser de la crédulité de M. Tagori de la Tour avec des photos truquées. Auteur d'un réquisitoire contre le fantôme, il a visé à démonter l'opération commerciale derrière la légende, ne trouvant aucune donnée sur la présence de Lucie à Veauce au 16ème siècle.
Même les habitants du village n'auraient jamais entendu parler de cette hantise avant l'arrivée de M. Tagori de la Tour, un "faux baron", d'après P.-E. Blanrue.
En toute logique, le vieux briscard refusa d'ouvrir son château au Cercle Zététique. Il est mort à la fin des années 1990, laissant à sa famille le soin d'éconduire une dernière fois les zététiciens. Avaient-ils cassé le rêve d'immortalité d'un vieillard qui, luttant contre la solitude et l'insomnie, s'était attaché tendrement à son revenant ? Qui du châtelain ou de France Inter a mis le feu aux poudres en premier ? Cobaye, malgré elle, de la méthode expérimentale, Lucie n'aurait jamais dû passer à la télévision ! La trop forte médiatisation de cette légende, qu'elle soit authentique ou inventée, aura donc fait deux victimes : Lucie et son vieux châtelain au cœur d'artichaut !
http://www.maison-hantee.com/files/auvergne/veauce050606.htm
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